CMQ NUMERIQUE

Les acteurs de la formation professionnelle sont trop souvent absents des campus des métiers (Igas)

Par XAVIER CHENEY, publié le lundi 23 avril 2018 14:13 - Mis à jour le lundi 23 avril 2018 14:14

Créé en 2014, notamment pour impulser des synergies par filières et bassin d’activité entre les acteurs de la formation, les 77 campus des métiers et des qualifications peinent à associer les Opca et organismes de formation privés.

Carte des CMQ en France

Carte des 77 campus des métiers et des qualifications (avril 2017)

"Tous les campus ont intégré des organismes de formation continue dans la liste de leurs membres. On y trouve ainsi systématiquement le Greta, parfois l’Afpa, mais beaucoup plus rarement un Opcalié à la filière choisie et presque jamais un autre organisme de formation, notamment privé", souligne le premier bilan des campus métiers et des qualifications, publié mardi 17 avril 2018.

Souvent mis en avant comme exemple à suivre de collaboration entre les établissements de formation initiale et professionnelle par Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, dans le cadre de l’élaboration de la loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel (lire sur AEF), les 77 campus des métiers et des qualifications peinent à fédérer.

"Les services de formation continue des établissements d’enseignement supérieur ne sont pas mobilisés dans les campus. Dans quelques cas, on observe la mutualisation de l’offre de formation continue entre plusieurs établissements (par exemple entre Greta et Afpa en Bretagne) sans que l’on puisse attribuer ce changement à la création du campus", poursuit le rapport.

IMPULSER UNE LOGIQUE DE PARCOURS COMPLETS

Une situation liée à la faiblesse générale de la formation continue dans les établissements d’enseignement supérieur. Le rapport souligne que ces campus sont l’occasion d’inverser la tendance, en permettant la rencontre d’acteurs qui ne se côtoyaient pas auparavant. Ils doivent aussi, parce qu’ils portent une "logique de création de parcours complet, […] favoriser le déploiement de la formation tout au long de la vie", souligne le bilan.

Ainsi selon les auteurs, la logique de création de parcours jusqu’au niveau master incite à la poursuite d’études dans le contexte actuel. "Or, elle gagnerait à être conçue comme un parcours de formation tout au long de la vie et présentée ainsi aux étudiants : ces derniers auraient alors une visibilité sur un parcours complet, intégrant une césure plus ou moins longue consacrée à la vie active", explique le rapport.

DÉVELOPPER LA VAE

Deux pistes d’actions sont identifiées pour développer la formation continue au sein des campus. D’une part, le développement de la VAE, aujourd’hui "très restreinte au sein des campus, ce qui renvoie aux difficultés de développement de la VAE, en particulier dans les formations proposées par l’Éducation nationale".

D’autre part, la construction des formations autour des blocs de compétences, "cet objectif est très rarement considéré comme prioritaire et peu le déploient. De même que la certification via des parcours articulant formation initiale (voie scolaire et apprentissage), formation continue et validation des acquis de l’expérience, se rencontre dans de très rares cas", souligne le bilan, qui appelle à accroître la conception des formations autour des blocs de compétences.

Enfin, la mission constate que les Opca ne connaissent bien souvent pas l’existence de ces campus, "ces derniers ayant rarement l’idée de les associer. Une association des Opca aux campus des métiers et des qualifications permettrait donc à ces acteurs de mieux se connaître, ce qui ne pourrait être que bénéfique pour le développement du volet formation continue des CMQ, aujourd’hui très embryonnaires."